jeudi 17 juillet 2008

02h00 : recherches

En 2 ans d'existences, 150 mots clés différents, tapés sur google, ont mené des internautes vers ce site. Des personnes qui, pour la plupart, n'auront pas trouvé ici ce qu'ils cherchaient. Je vous propose ici une sélection des recherches les plus inattendues. (La syntaxe originale est respectée)

dejection canine
"certificat de non-activité aux états-unis"

"dentiste au noir"
arracheur de dents photos
art vomis
art voyeurisme tel mobile
autoroutes belges eclairees qu'on peut voir vu du ciel espace
belley (déjection canine
cachet extranase
comment photographier pauvre
ensemble tout+sarcozy
magazine profil moissonneuse
milice personnelle sarkozy
photo femme uro
photographie de prothese stellite
photographies de femmes battues en france
photo charmes
plan cul dans les douches de rugbyman
photo ecclésiastique
poussez fort
rôle de la moissonneuse-batteuse
signe zodiacal nicolas magic sarcozy
question de cinematique
toutes les nouvelles chansons de garou video
theme astrologique de carla et sarcosy
un cul vieux et fripe
video bowling culoz
voyeurisme dans l'art

carla incinta
comment une photo peut-elle etre l'objet de contestation
moissoneuse batteuse
parc andré citroen montgolfière prix
"christian luscher"
"jean-yves gabbud"
"revolution digitale"
9°art,c'est quoi?
adresse supermarché pise
astral l'art dela photographie
campagne de pub pour les piles alcalines
cinématique de paris(question)
cinétique de solide
citron c6
comment faire des photos de charme
exercices sur l'apostrophe ou interpellation de la phrase non verbale
extrait image charlie handford
fotze+traduction
greta gabro
harry et ses amis
image de batteuse des années 55
inspecteur derrick images
l'impacte du salon sur l'image de marque
la castafiore musée d'art-moderne-de-la-ville-de-paris
le lapin du champs de mars photographie
mascotte
moissonneuse batteuse class mercure
moissonneuse batteuse explications
nic ulmi tribune de genève
oeuvre expérience anthropomorphique
ou est oussama? photo
page connexions à la tribune de genève
pigeon dans l'art
pourcentage sarkozy ou saline
qu'est-ce qu'une corbeille de vénus.
questions passage piéton
royal sondage
tdg connexions
tintin pise
traduction privet joke
video de moissonneuse-batteuse de course
video de nicolas sarkosy un peu ivre qui circule sur internet

01h00 : Tokyo Underground

Dernier jour

Dernier jour chargé avec un message toutes les heures.

mardi 15 juillet 2008

lundi 14 juillet 2008

J - 3 : Rock'n'roll


samedi 12 juillet 2008

mercredi 9 juillet 2008

J - 8 : Machines, je vous hais !


Pour V.S., de l'université des sciences humaines de Strasbourg, qui a soutenu une thèse sur la "Micropsychologie des rapporte homme/machine dans la vie quotidienne", le mal est consubstantiel à notre environnement toujours plus technologique : nous sommes condamnés à nous servir d'outils de plus en plus complexes ... dont nous saurons de moins en moins nous servir. A moins que les fabricants ne ce décident enfin à prendre en compte, dès la conception de leurs machines, le comportement des utilisateurs normaux.

Pendant des années V.S. a utilisé ses étudiante comme cobayes. Il les a envoyée faire la queue devant les guichets automatiques de banques, les machines à café, les péages d'autoroutes ou les nouvelles billetteries automatiques de la SNCF postsocratique. Certains de ces étudiante se sont même fait embaucher comme vendeurs chez Conforama, pour étudier l'attitude des consommateurs face sur, perfectionnements des appareils électroménagers. Des perfectionnements souvent superflus : Qui se sert de cous les programmes de sa machine à laver ? De toutes les fonctions de son appareil photo haut de gamme ?

Sur ce point, il faut le dire, l'utilisateur est un peu responsable de ses déboires, car rien ne l'oblige, généralement, à acheter des machines dont les capacités excèdent ses besoins. Or c'est un fait - les enquetes strasbourgeoises le montrent - chaque fois que, à prix égal, l'acheteur a le choix entre une machine simple et une machine sophistiquée, il choisit la seconde. Mais ensuite, passant du rôle d'acheteur à celui d'utilisateur de l'engin, "il va pester contre cet: appareil si mal fait, lie se souvenant pas que c'est lui qui l'a choisi". S. dans son effort de théorisation des rapports homme/machine, relève ainsi cette contradiction constante entre l'acheteur et l'utilisateur qui sont pourtant le plus souvent une seule et même personne. Le premier croit acheter un service ; le second s'aperçoit vite qu'il a, en réalité, hérité d'une servitude.


La seconde contradiction est plus grave : c'est celle qui oppose le fabricant - donc les ingénieurs - à l'utilisateur. L'ingénieur part du principe général que les gens sont paresseux et dit souvent : Les utilisateurs n'ont qu'à £aire un petit effort. Moyennant quoi, ils placent par exemple le bouton d'allumage des ordinateurs là où ça les arrange le mieux, à un endroit généralement inaccessible, mais proche des fusibles et de la boite d'alimentation. Eux, ils s'en moquent, ils n'ont jamais manipulé leur prototype que sur une paillasse, accessible par l'arrière...

Voici pourquoi - une enquête menée dans le grand hall des distributeurs automatiques de la gare de Strasbourg l'a montré - la moitié des voyageurs seulement (174 sur 350) sont capables d'obtenir leur billet tout seule à partir d'une machine automatique. Le voyageur normal ne sait par exemple pas quoi répondre - on le comprend - lorsque l'écran lui pose tout à trac plusieurs questions à la fois "1ère ou 2ème classe ?", "enfant ou adulte ?" , "fumeur ou non fumeur ?" . Avec ces automates ineptes, la SNCF s'est ainsi heurtée à ce que les psychologues spécialisés nomment le mur de la complexité, ou encore la barrière de Levin : une force irrépressible qui, lorsqu'on a ignoré la réalité, vous expédie à l'exact inverse du but visé. Avec ses automates, la SNCF entendait faire l'économie de guichetiers en chair et en os. Elle a du un temps en placer un au service de chaque automate, et interdire au public d'y toucher (à l'automate... ) . Même avec les "meilleurs ingénieurs du monde", il est plus facile de franchir le mur du son que le "mur de la complexité". (...)


Malgré tout, l'humain moderne s'adapte à un monde automatisé, prouvant dans son comportement, par mille petite trucs, qu'il est prêt pour l'aventure, malgré ses multiples inconvénients, dont la fameuse déshumanisation. Car finalement ces automates, nous les aimons bien : "Le principe d'efficacité prime tout, estime V.S.. Lorsque nous allons acheter un billet de train ou effectuer une opération bancaire, nous attendons du guichetier qu'il se conduise exactement comme un automate, vite et bien. Chaque fois qu'il réintroduit son humanité dans la transaction, il nous agace. Nous avons tous horreur du contact humain subi".

Mais nous aimons l'automate à une condition : que la machine qui remplace l'humain soit d'une fiabilité absolue. La technique doit ce faire oublier derrière le service rendu. "Quel automobiliste accepterait que sa voiture démarre seulement neuf fois sur dix 7", demande S.. Nous exigeons donc que les machines ne tombent jamais en panne. Que jamais elles n'avalent notre carte sans autre explication que le bruit sec de la fermeture du volet, nous laissant désemparé et sans le sou dans l'aéroport à l'instant du décollage : avec un guichetier humain, on aurait au moins pu discuter. Nous voulons des automates, oui, mais des automates jouissant d'une infaillibilité pontificale. Il existe hélas une loi dite "de Murphy" : "lorsque dans un dispositif technique quelque chose est susceptible de se détraquer, cela ne manquera pas d'arriver".

Fabien GRUHIER, Le nouvel Observateur, Juin 1995

samedi 5 juillet 2008

J - 12 : Antiquités



vendredi 4 juillet 2008

mercredi 2 juillet 2008

J - 15 : Nouveau Millénaire, Nouvelles Valeurs


Que sera la France du troisième millénaire ? Les hommes et les femmes qui la façonneront ont aujourd'hui pour la plupart moins de 40 ans. Pour Le Point et la Fondation du Futur, l'Institut Ipsos a interrogé 201 décideurs et leaders d'aujourd'hui àgés de moins de 40 ans : derrière eux. c'est toute une génération qui émerge, s'affirme et mûrit ; en elle, les valeurs qui feront le paysage des années 2000.

79% des personnes interrogées considèrent que l'intérêt pour la politique baissera au début du troisième millénaire. Spontanément, 23% de ces moins de 40 ans déclarent que la politique sera démodée en l'an 2000. Le dépit manifesté est si profond qu'il sape les bases mêmes de notre système national. L'élection n'est plus cette communion civique dans laquelle se forgeait la république : 79% la placent au rayon des soldes, catégorie produits sans intérêt.

Les chiffres sont spectaculaires, car, au-delà du politique, ils révèlent que la démocratie, qui pourtant triomphe autour de nous ces temps-ci, n'est plus un combat dans notre pays. Est-ce un signe de maturité d'une démocratie enfin intégrée, apaisée, américanisée, ou bien l'expression d'un relachement, d'une perte d'identité, d'une chute de tension citoyenne ? Certains faits traduisent incontestablement l'américanisation de notre politique (le développement de l'abstention, l'extension des zones de consensus, l'engouement pour l'État de droit), mais, à travers eux, nul ne peut encore pronostiquer l'accouchement d'une démocratie française rénovée. En revanche, toutes les valeurs qui donnaient à l'Hexagone une solide armature républicaine sont à la baisse aux yeux de ceux qui la dirigeront dans dix ans.

Le déclin du politique n'en est pas le seul révélateur. Notre société avait jusqu'ici sa part de sacré. La politique. la religion et le travail la structuraient et nul n'osait remettre en question ouvertement ces colonnes du temple. Or toutes ces valeurs sont blackboulées à l'aube du troisième millénaire.

Comme la politique, la religion est frappée de plein fouet. 50% des personnes interrogées la voient à la hausse, 47% à la baisse et 14% décrètent qu'elle sera démodée. Le mythe du travail exalté par les théories marxistes et communistes subit le même sort : 61% entendent privilégier les loisirs. 31% seulement, l'effort. Les valeurs d'agrément l'emportent sur les valeurs d'engagement et d'achèvement. La volonté d'aller au bout de soi-même, culte des fameux cadres dynamiques des années 70 est sérieusement entamée. Certes, pour 57% des moins de 40 ans interrogés, l'intérét pour le travail sera encore en hausse dans dix ans, mais plus d'un tiers (36%) le mettent à la baisse. La France s'apprête en fait à vivre les années 2000 sur le mol oreiller d'une culture Club Med.

Cet assoupissement est curieux, car il s'accompagne d'une vraie lucidité sur les enjeux a venir. 61% des personnes questionnées mettent l'économie en tête des défis qui nous attendent. Mais. pour les relever, il faudrait que se manifeste une énergie collective. Or tout indique que, plus que jamais, l'individualisme devient roi dans notre société. 61% de la génération de décideurs interrogés par Ipsos célébrent pour demain les valeurs privilégiant l'individu ; 37% seulement s'enflamment pour le collectif. Sous le choc, l'identité française vacille : le patriotisme est à la dérive et les valeurs internationales déferlent. Le Français de l'an 2000, selon ses dirigeants potentiels, ne vivra plus du tout hexagonal.

Si l'enthousiasme national part en quenouille, les peurs demeurent en revanche collectives. L'attention se porte sur les manipulations génétiques (68%), le chômage (48%), la drogue (46%). le suicide chez les jeunes (41%), le sida (31%). Les décideurs de l'an 2000 attendent visiblement en ces domaines l'élaboration d'une nouvelle morale.

Les sciences et l'économie, enjeux de demain, sont des terrains d'aventure que la vie politique peut investir. Le fera-t-elle ? Est-elle capable encore de se redéployer, d'abandonner ses vieux réflexes idéologiques pour se réinstaller au centre des débats de notre société ?

Denis JEAMBAR, Le Point (11 décembre 1989).